Quantcast
Channel: Blogue Marketing Interactif » Mathieu Therrien
Viewing all articles
Browse latest Browse all 3

Apprendre et tirer profit des amitiés en ligne

0
0

En premier lieu, je tiens à préciser que ce billet est le fruit d’une adaptation libre d’un article paru dans  l’édition de mai dernier du magazine Business Week.  L’article en question a pour titre « Learning, and Profiting, from Online Friendships » ou en traduction libre « Apprendre et tirer profit des amitiés en ligne ».

D’entrée de jeu, je vous pose la question suivante : si vous cliquez sur une bannière quelconque un soir donné (eh oui, il y a encore des gens qui cliquent et il y a encore des bannières qui se font cliquées), quelles sont les chances que certains ou certaines de vos ami(e)s cliquent sur la même bannière? Puisque nos ami(e)s se comportent un peu comme nous (certain(e)s plus, certain(e)s moins),  il y a quand même de bonne chances.  Une étude menée il y a quelques années déjà par Yahoo démontrait que si quelqu’un clique sur une bannière, les gens faisant partie de sa liste de contacts (de son service de messagerie instantanée), étaient de trois à quatre fois plus susceptibles que la moyenne de cliquer sur cette même bannière. Ce qui fait du sens car si l’on est ami(e) avec quelqu’un, c’est parce que nous partageons des intérêts communs, non?

Ces amitiés en ligne ont connu un essor plus qu’important au cours des dernières années avec les MySpace, Facebook et Twitter de ce monde.  Ce qu’on aurait pu croire comme étant une manne de courte durée  est loin de s’estomper. Après un rendez-vous d’affaires ou un 5 à 7 réseautage, il n’en prend pas plus que quelques minutes, voir quelques heures avant qu’on ne reçoive une demande d’ajout à LinkedIn ou Facebook. Ces amitiés contiennent de l’information qui va au delà du comportement du consommateur.  Avec les amitiés en ligne, on cherche à savoir non seulement qui sont nos amis, mais quel est le type, la fréquence, la force des échanges qu’on peut avoir.

Chez Facebook, le site par excellence des amitiés en ligne, vous ne serez pas étonné de savoir qu’on étudie déjà ces données qui vont au-delà du nombre d’amis qu’un usager peut avoir. Ils étudient les messages affichés sur les murs, les photos qui se sont partagées (et les tags qui vont avec), les tristement célèbres « poke » et les demandes d’amitié. Ces recherches ont démontré que lorsqu’un usager de Facebook a plus de 500 ami(e)s, celui-ci suivra de près les activités de 40 (8%) d’entre eux, communiquera avec seulement 20 (4%) d’entre eux et gardera un contact beaucoup plus serré avec seulement 10 (2%) d’entre eux.  Ceux qui ont des réseaux plus petits, ils ou elles suivent leurs ami(e)s encore moins.  Quels sont vos pourcentages?

L’article fait également mention d’une étude menée par une firme de San Francisco au nom de Rapleaf qui collecte et analyse les données provenant des réseaux sociaux, blogues, forums, etc.  Les conclusions de leurs études permettent à leurs clients de peaufiner leurs promotions, de mieux cibler leurs offres. Cette étude indique que les emprunteurs représentent une belle opportunité pour les banques si leurs ami(e)s ont une cote de crédit plus haut que la moyenne.

Mais la valeur de l’amitié virtuelle ne sert pas seulement aux publicitaires, mais également aux entreprises. Mais comment donc? Une recherche menée par une équipe d’IBM Research (basée sur des données anonymes) a démontré qu’un employé qui forge une amitié plus étroite avec son patron amène en moyenne 588$ de plus en revenues mensuellement.  Il y a plein d’opportunités pour les entreprises avec ce genre de données, lorsqu’elles sont disponibles bien évidemment.

En terminant, il y avait une époque (et c’est sûrement encore le cas aujourd’hui dans certains domaines) où des entreprises achetaient des listes de clients potentiels, listes qui contenaient des données démographiques de chaque client potentiel, leur code postal, etc.  Je n’essaie pas de dire que la pertinence de ce type de listes est révolu, mais je pense qu’il y a place à ajouter de la valeur.  Dans la mesure où l’on peut ajouter des informations quant aux liens d’amitié en ligne que ces  gens ont, on peut définitivement augmenter d’un cran la qualité de ces listes. Par exemple, combien une chocolaterie serait-elle prêt à payer pour une liste qui lui permettrait de savoir que 50% de mes ami(e)s aiment le chocolat? Il est encore trop tôt pour associer un coût à ce genre d’informations, mais ça viendra peut-être plus vite qu’on pense. Bien sûr, l’article en question et ce billet qui en découle soulèvent bien des inquiétudes au niveau de la vie privée des gens, plus particulièrement en lien avec les informations qui circulent. Les sites de réseaux sociaux devront être transparents quant à l’utilisation des données de leurs membres.

Référence : “ Learning, and Profiting, from Online Friendships » par Stephen Baker, Business Week, 21 mai 2009.


Viewing all articles
Browse latest Browse all 3

Latest Images





Latest Images